I. Via Gebennensis: De Genève au Puy-en-Velay

Pour les pèlerins germanophones, la Via Gebennensis reste la voie de référence. Il y a une raison évidente à cet état de fait. Il existe dans la collection Outdoor une brochure très bien documentée intitulée: Frankreich , Jakobsweg, Via Gebennensis. Cette brochure contient une description des parcours, en soi pas très utiles, mais les cartes sont bien faites et les renseignements sur les logements validés.

Mais voilà c’est en allemand. Comme 80-90% des pèlerins qui empruntent cette voie parlent ou comprennent l’allemand, étant autrichiens, allemands ou suisses allemands, ce n’est pas un problème. Les suisses romands seraient censés le comprendre aussi ! Un logeur sur le chemin nous confirme que sa clientèle est à 80% germanophone, même si, lui, ne parle pas un mot d’allemand.

Les francophones, et même les germaniques (certains libellés sont traduits en allemand), peuvent aussi acquérir dans la collection « Chemins de Compostelle en Rhône-Alpes », le petit livret jaune intitulé « Chemin de Saint-Jacques de Genève au Puy-en-Velay, par le GR65, Yenne et Chavanay ». Cette collection, on l’a dit en introduction générale, est la plus complète sur les logements, souvent rares, le long du chemin.

Rarement plus de 10 personnes marchent par jour sur la Via Gebennnesis, mais cela reste la voie la plus utilisée pour gagner le Puy. Sur les autres voies, vous vous trouverez sans doute tout seul, ou alors vous trouverez des gens qui partent de leur région, en France, pour rejoindre le Puy.

Est-ce qu’un jour, les autres voies qui partent de Suisse, dont la Via Adresca (variante de Gillonay) ou la Via Lugdunum, seront aussi parcourues ? Oui, mais alors seulement si les pèlerins germanophones disposeront dans le futur de guides écrits en allemand pour ces voies.

La Via Gebennensis suit assez longuement le cours du Rhône, plus ou moins près. Dans la première partie, ce sont les collines et les forêts dominant la rivière. C’est surtout le département de la Haute-Savoie que le chemin traverse, marginalement la Savoie et l’Ain. A partir de Yenne, quand le chemin passe par le col du Tournier, le chemin bascule pour plusieurs étapes dans le département de l’Isère. Il se balade alors sur les collines façonnées par le glacier du Rhône et le glacier de l’Isère qui, en avançant et en se retirant, ont créé ici de larges vallées et des moraines où les galets affleurent. Lorsque le chemin rejoint plus loin le Rhône, qui entre temps est allé se baigner à Lyon, près de Chavanay, alors le paysage change du tout au tout. On quitte définitivement l’Isère, la plaine et le Rhône pour la Loire, puis la Haute-Loire avec ses hautes collines, ses forêts, voire de petites montagnes et on se dirige progressivement vers les petits puys qui font le charme du Velay. De Genève au Puy, comptez une quinzaine de jours de marche.