Etape 12: Des Sétoux à Tence

D’une forêt à l’autre

 

On aurait pu aussi intituler cette étape “Le calme après la tempête”. Non pas que les conditions météorologiques fussent à ce point difficile. Mais parce que l’étape comprend deux portions très distinctes. La première partie est un véritable gymkhana dans les collines boisées de Haute-Loire. La seconde se déroule sur un relief nettement moins accidenté.

Mais tout le parcours se passe d’une forêt à l’autre, d’une forêt de grands sapins blancs, à une forêt de feuillus où règnent ici les érables et les frênes. Il n’y a que de très brefs passages dans la vraie campagne, qui n’est représentée ici que par des prairies. Les cultures sont vraiment portion congrue, avec rarement un peu de maïs.

Toute cette région du Pilat que nous traversons était encore au siècle dernier une vraie région industrielle, où le textile était roi. Une histoire qui avait commencé dès François I. Le moulinage s’est implanté dans le Pilat à la fin du XVIème siècle. Le moteur de toute cette activité est d’abord la rivière qui cascade. Sur des anciens moulins à blé ou à huile, on installe des roues hydrauliques. Au début du XIXème sicle, on compte un millier d’entreprises dans la grande région autour de St Etienne. On se met à l’élevage du ver à soie, puis plus tard au tissage. Sériciculture, moulinage, tissage, rubanerie, toutes ces activités ont été le fleuron de la région. On développe partout de petites lignes de trains à vapeur. Il ne reste aujourd’hui que le modeste train touristique du Velay dans tout le Pilat.

Puis, les activités déclinèrent progressivement. Vers le milieu du siècle passé, l’arrivée des fils synthétiques, la perte des marchés coloniaux français causèrent la première hécatombe. Les chocs pétroliers à la fin du siècle dernier donnèrent le coup de grâce, Il ne reste plus rien du textile dans le Pilat. On dit qu’aujourd’hui le textile de qualité refleurit en France. Oui, peut-être, mais on ne refera plus tourner les moulins.

Les dénivelés (+626 mètres/-927 mètres) sont aujourd’hui marqués, mais l’étape est longue. Ici, on descend plus que l’on monte, toute la journée. La première partie est difficile, avec trois bosses successives, chacune avec plus de 100 mètres de dénivelés positif. Et parfois, mais assez rarement, les chemins sont pierreux, parfois rocailleux à l’extrême. Par temps de pluie ici, c’est un vrai régal. Ce gymkhana dure jusqu’à rejoindre Montfaucon-en-Velay. Depuis Montfaucon, les ondulations sont légères, et parfois ne se remarquent même pas quand on a connu les difficultés de la première partie du parcours.

Aujourd’hui, les chemins sont nettement en avantage sur les routes goudronnées, ce qui est rare sur le Chemin de Compostelle français:

Goudron: 6.7 km
Chemins: 21.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé deux fois sur la Via Gebennensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Les parcours ont été dessinés sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/des-setoux-a-tence-par-le-gr65-39865881

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins. Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours.

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant