Section 1: Belle balade dans les “sucs” jusqu’à un moulin perdu dans la forêt.

Aperçu général des difficultés du parcours: plus de 200 mètres de descente, avec souvent des pentes marquées, parfois à plus de 15%.

Le GR65 ressort de Queyrières et descend sur la route pendant quelques centaines de mètres. Aujourd’hui encore, il n’y a pas de problème de direction, le GR65 et le GR430 étant communs jusqu’au bout de l‘étape.

Ici, on a une très belle perspective sur 3 “sucs” que sont le Mont Chanis, le Mont Rouge et le Peyre de Bard. Entre ces deux derniers va descendre le chemin.

Plus bas, le GR65 quitte la route pour prendre un chemin assez caillouteux qui descend dans les frênes.

Le chemin hésite alors un peu entre les clairières et le sous-bois, où on retrouve toujours des frênes en abondance, des érables et quelques pins.

Bientôt, le chemin rejoint les premières maisons du village de Monedeyres. Ici, on a construit des demeures insolites rurales, à thèmes.

Le chemin trouve pour la première fois sur son passage la rivière de la Sumène, qu’il aura tout loisir d’observer à de nombreuses reprises durant l’étape.

Monedeyres est un village remarquable, tout fait de belles maisons en pierres volcaniques, avec tous les tons jusqu’au noir basalte. Les toits sont encore recouverts de lauzes de phonolite.

Ici, vous rencontrerez sans doute quelqu’un qui vous racontera l’histoire peu catholique de l’église du village.

Nous sommes en 1862, quand on crée la commune de Queyrières. A cette époque, Monedeyres est déjà un grand bourg, mais il n’y a pas d’église, alors qu’il en a une à Queyrières. On parle patois dans les deux villages, mais ils sont différents. Et pour aller à la messe à Queyrières, il n’est pas commode, surtout pour les personnes âgées de remonter le chemin en sabots, surtout durant l’hiver. Et puis, à Queyrières, cela ne vaut guère mieux, l’église tombant en partie en ruines. Alors, les gens de Monedeyres se décident-ils à bâtir leur propre église, à leurs propres frais. La construction de l’église est achevée en 1914. Mais, avoir une église sans prêtre, ce n’est pas la solution. Ils décident alors de former leur propre prêtre, envoyant une jeune du village au séminaire. Le jeune ne terminera jamais ses études. Et puis l’évêque n’est guère coopératif, ne voulant pas consacrer l’église, l’église de Queyrières étant suffisante à son goût. Il y a sans doute de la politique là-dessous. On leur envoie des missionnaires pour dire la messe, mais aucun prêtre titulaire, l’église n’étant pas consacrée.

Ainsi, l’église, jamais consacrée, est entretenue par les villageois. Trois repas sont organisés annuellement dans l’église païenne. À défaut d’y servir la bonne parole on y mange la soupe aux choux en septembre. Ces histoires de rivalité entre les deux villages a inspiré Jules Romains, le grand écrivain local, dans son livre Cromedeyre le Vieil.

A la sortie du village, après un court trajet sur la route, le GR65 trouve un chemin qui descend vers la forêt.

Le large chemin descend en pente soutenue dans les frênes, les érables et la charmille. A votre gauche se dresse le suc de Peyre de Bard, à vote gauche le Suc de Mont Rouge.

Puis, pour un court moment, la pente se fait encore plus rude, à près de 20%, sur les grosses pierres du chemin dans la végétation épaisse.

Après avoir passé un affluent de la Sumène, la pente fléchit sous les érables et les bouquets de charmes.

Ici, une clairière au milieu des frênes, des érables.

Juste en dessous vient le moment de la décision. Le GR65 et le GR430 ne suivent pas le Chemin de Compostelle. Pourquoi? Ils ont un autre programme, vous incitant à aller à la découverte des anciens moulins, mais surtout à faire l’ascension du Suc de la Tortue et à visiter les orgues basaltiques du Suc de Chapteuil avec sa forteresse. Si vous n’êtes pas pressé, allez-y. Sinon, suivez les coquilles du chemin de Compostelle.

Le GR65 et le GR420 remontent ici le chemin en direction de la route vers le village de La Faye. Le Chemin de Compostelle continue tout droit en direction du moulin de Guérin.

Ici, le chemin du moulin est fort bien indiqué. Depuis la bifurcation, un chemin remonte sèchement, pour un court passage, dans la forêt, où se dressent de grands sapins pectinés et d’énormes hêtres. Ici, ce ne sont plus les sapinières de la vielle, mais une forêt plus mixte.

Une barrière marque le sommet de la montée. Le moulin de Guérin est juste en dessous, accessible par de petits escaliers de bois. Le moulin a été construit au début du XXème siècle par un meunier nommé Guérin. Le moulin fonctionna jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, il n’est plus possible de voir fonctionner la roue du moulin, ses trieuses de blé et d’orge.

Mais, le site est remarquable. Il faut se balader sur les petits canaux qui amenaient l’eau de la rivière vers le moulin. Ici, tout est fraîcheur, sérénité, grâce.

Le GR65 entame la descente vers St Julien-Chapteuil sous le moulin.

Cliquez ici pour continuer l’étape sur le tronçon suivant. Avant

 

ou encore revenir sur  la page initiale de la présentation de l’étapeRetour